Les protections périodiques à usage unique sont-elles réellement dangereuses et à bannir ?

culotte menstruelle

De nos jours, nous privilégions les gestes éco-responsables pour protéger davantage notre environnement et notre planète. En effet, la pollution, sous tous ses aspects, est devenue une menace pour tous !

Si bien que les produits dits bio ou bien écolos ont fait leur apparition, aux côtés de leurs homologues traditionnels, jugés néfastes, coûteux et surtout, dangereux… Parmi cela, le marché des protections hygiéniques féminines prend un tournant décisif en laissant de plus en plus la place aux protections lavables.

De ce fait, les protections intimes jetables vont-elles bientôt disparaître ? Sont-elles réellement dangereuses ?

Pour comprendre ce phénomène et surtout, l’intérêt de passer aux serviettes lavables, culottes menstruelles et autres solutions plus écologiques, nous devons avant tout savoir comment les protections périodiques à usage unique sont devenues si indispensables !

Comment les protections intimes jetables ont réussi à s’imposer sur le marché ?

Dans les publicités, dans les grands magasins comme les épiceries et pharmacies du quartier, nous trouvons partout des serviettes hygiéniques ou des tampons. Ils n’ont jamais été aussi accessibles !

D’ailleurs, certains pays les ont même rendus gratuits… Mais comment cela a-t-il pu se produire ? Surtout, maintenant que l’on sait que ces produits jetables sont néfastes pour la santé, en plus de polluer la planète ?

Comment les femmes géraient leurs règles avant l’apparition des protections hygiéniques jetables ?

Il est évident que les protections hygiéniques utilisées actuellement n’étaient pas toujours là. Avant, les femmes se débrouillaient comme elles le pouvaient. On sait par exemple que des tampons réalisés avec du papyrus ramolli étaient utilisés durant l’Égypte antique, ou qu’en Grèce, on enroulait des compresses autour de petites tiges de bois…

Mais avec l’hégémonie des religions monothéistes, il n’était plus question de s’insérer des objets dans le vagin, c’était indigne, voire impur de la part d’une femme.

Puis, au Moyen-âge, les femmes se fiaient à leurs jupons pour absorber le sang des règles, car elles ne portaient pas à l’époque des sous-vêtements.

C’était écologique, mais pas très pratique, d’autant plus qu’en ce temps-là, les règles étaient incomprises. Et les femmes menstruées faisaient peur, car on pensait qu’elles pouvaient apporter le malheur !

Ce genre de croyance avait perduré pendant des siècles. Et aujourd’hui encore, les règles sont considérées dans de nombreuses cultures comme quelque chose de sale, et de malsain.

Conséquence, les règles sont devenues un sujet tabou, si bien que, quand la première serviette jetable a été commercialisée en 1888, il n’a pas eu de succès, et est vite tombé aux oubliettes…

La naissance d’une solution aux multiples avantages pour toutes les femmes

Il faudra attendre les années 20 pour que la serviette hygiénique jetable commence à réellement attirer l’attention des consommatrices. Si la première serviette était réalisée dans une étoffe de lin, on se sert cette fois-ci de la fibre de coton, un matériau largement utilisé durant la Première Guerre Mondiale pour soigner les soldats, et que les infirmières ont trouvé très pratiques pour gérer leurs règles.

D’ailleurs, Kotex, la toute première serviette hygiénique à usage unique à succès, s’en est inspirée pour sa fabrication.

Puis en 1934, Tampax commercialise son fameux tampon jetable, proposé avec un applicateur en carton. Là encore, la vente était uniquement destinée aux femmes mariées, car, à l’époque, les gens estimaient qu’insérer un tampon dans le vagin pouvait ôter la virginité…

Mais le produit a eu du succès, surtout chez les femmes pratiquant une activité physique comme la danse ou l’athlétisme. D’ailleurs, ce succès grandira avec la Seconde Guerre Mondiale et la nécessité de travailler pour les femmes.

Par la suite, les produits jetables n’ont cessé de devenir plus omniprésents et plus attrayants. Ce, au fur et à mesure que les femmes intégraient le secteur du travail. Il fallait effectivement des protections toujours plus pratiques, toujours plus disponibles et toujours plus discrètes.

Avec la technologie, l’avènement de la publicité, les consommateurs étaient de plus en plus convaincus que c’était la meilleure solution. Une solution qui d’ailleurs s’améliorait avec le temps : les composants super-absorbants intègrent les tampons à partir des années 80, les serviettes autocollantes avec ailettes voient le jour dans les années 90… Et cela se passait ainsi de suite jusqu’à nos jours.

À vrai dire, le message était simple : les protections hygiéniques jetables permettraient aux femmes d’être plus efficaces au travail. Désormais, les règles n’étaient plus un frein à la productivité et les utilisatrices de protections intimes à usage unique pouvaient se fier à un produit « propre », discret, « approuvé » par la société de par la possibilité de « cacher » les règles.

Même pour les femmes au foyer, les publicités indiquaient clairement que les nouvelles protections périodiques étaient une révolution, il n’y a « plus d’excuse pour ne pas finir les tâches ménagères ! »

Mais en parallèle, une nouvelle industrie est née, plus florissante que jamais. Devenues en quelque sorte la norme, les protections jetables se sont transformées en un produit indispensable pour toutes les femmes désireuses de vivre normalement dans notre société moderne.

De plus, en tant que produit à usage unique, il fallait s’approvisionner tous les mois ! Les femmes étaient alors condamnées à des décennies d’achats qui semblent anodines, mais qui allaient changer leur vie pour le meilleur et pour le pire…

Quand les médias dénoncent le danger des protections hygiéniques à usage unique

Jusqu’ici, les protections hygiéniques à usage unique se présentent comme étant la meilleure solution pour gérer les règles. Elles sont légères, facilement accessibles, discrètes et d’apparence propre. L’obsession pour ces atouts allait même pousser les fabricants à faire plus qu’il n’en faut : des emballages individuels, des modèles parfumés, des matériaux super absorbants…

Sans pour autant donner des détails au sujet de la composition des produits. D’ailleurs, dans de nombreux pays comme la France, aucune loi ni aucune norme n’exige aux enseignes à indiquer les substances contenues, encore moins leur quantité, dans leurs protections hygiéniques jetables.

En effet, ces dernières étaient considérées comme des produits de consommation classique, donc ces précisions n’étaient pas jugées nécessaires.

Pourtant, le doute se fait de plus en plus grand, notamment chez les écologistes qui dénoncent les serviettes hygiéniques et les tampons comme étant de véritables nuisances à l’environnement… Mais aussi les consommatrices en général sous le choc à la suite de l’amputation de Lauren Walker, un mannequin américain ayant été victime du redoutable syndrome du choc toxique.

Elle a perdu une jambe en 2012 à cause d’une mauvaise utilisation des tampons (puis une autre en 2018). Après cet incident, Mélanie Doerflinger, une jeune femme de 20 ans avait lancé une pétition postée sur change.org en 2015 pour que la composition des protections hygiéniques jetables soit révélée !

Un produit à la composition douteuse

Il faudra cependant attendre 2016 pour que le magazine français 60 millions de consommateurs révèle les résultats de son enquête au sujet des protections jetables. Dioxine, dérivés halogénés, glyphosate, sont entre autres retrouvés à l’état de traces dans des protections hygiéniques !

Puis, la DGCCRF (ou Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) poursuit dans ce sens en publiant en 2017 les résultats de ses recherches. L’enquête confirme une fois de plus la présence de plusieurs substances chimiques dans les protections hygiéniques à usage unique.

Entre autres, elle a découvert dans la composition de ces produits des dioxines, des furanes, des hydrocarbures aromatiques polycycliques ou HAP ainsi que des composés organiques halogénés extractibles ou EOX. Malgré tout, les quantités de ces substances toxiques sont trop faibles pour parler d’un réel danger pour la santé et le bien-être des utilisatrices.

Quoique, les révélations de la DGCCRF pousse l’Anses (ou Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) à effectuer à son tour une étude sur ces produits.

Des protections finalement pas si « hygiéniques » !

En 2018, la publication de l’Anses au sujet des protections hygiéniques jetables est une véritable mine d’or en matière d’informations. D’ailleurs, son document reprend les affirmations de la DGCCRF et de 60 millions de consommateurs, mais de manière plus détaillée.

En effet, la liste des composés toxiques retrouvés dans les serviettes hygiéniques, les tampons, ainsi que les protège-slips est aussi longue qu’effrayante. Les protections jetables ne seraient-elles donc pas finalement si « hygiéniques » qu’elles ne le paraissent ?

Malheureusement oui, puisque l’Anses révèle par la même occasion les effets de ces substances sur le corps humain, notamment CMR (c’est-à-dire cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques). Elle va même jusqu’à souligner que les résultats ne tiennent pas en compte les risques liés aux perturbateurs endocriniens présents dans ces produits !

Des protections hygiéniques jetables et polluantes

Notez bien que le souci essentiellement souligné dans ces enquêtes concerne principalement la santé et le bien-être des consommateurs. Par contre, il faut aussi alerter sur le danger des protections hygiéniques jetables face à notre écosystème déjà si fragile.

Prenons par exemple en compte les statistiques relevées par National Geographic dans un article en 2019 :

  • Si une femme a en moyenne ses règles pendant cinq jours par mois durant 40 ans ; elle saignera donc environ pendant six ans et demi, une période durant laquelle elle aura besoin de protections hygiéniques.
  • Une femme consomme en moyenne jusqu’à 15 000 protections intimes au cours de sa vie.
  • En 2018, les femmes ont acheté jusqu’à 5,8 milliards de tampons, rien qu’aux États-Unis.

Tous ces chiffres sont là pour vous indiquer la quantité de protections hygiéniques jetables que nous jetons à la poubelle. Malheureusement, les déchets finissent pour la plupart dans les océans.

Or, compte tenu de ces statistiques, nous ne pouvons tout simplement pas imaginer la quantité de plastique qui se retrouve dans l’eau. Car oui, cela n’est pas vraiment un secret (contrairement aux autres composants toxiques), les protections jetables contiennent du plastique à tous les niveaux : paquet en plastique, emballage individuel en plastique, couche imperméable en plastique, applicateur de tampon en plastique… Même la partie absorbante contient du plastique !

C’est donc en tout un produit plastique qui a un impact considérable sur notre planète, surtout que le plastique met jusqu’à 500 ans pour se dégrader dans la nature… Et, évidemment, le plastique des serviettes et des tampons n’est pas recyclé.

L’émergence des protections lavables : une tendance plus écologique et plus saine

Face à tant de polémique, nous ne pouvons fermer les yeux sur la menace qui pèse sur notre santé et sur notre planète. Il est temps de trouver une solution catégorique et durable pour arrêter définitivement de consommer des protections hygiéniques à usage unique.

Des produits réutilisables aux multiples avantages

Les protections hygiéniques réutilisables ne sont pas vraiment une nouveauté. Déjà, en 1960, la serviette lavable est apparue avec le mouvement hippie qui tentait tant bien que mal d’alerter sur la nécessité de protéger notre planète.

Aujourd’hui, les protections hygiéniques lavables sont non seulement écologiques, mais aussi pratiques. En effet, elles profitent aussi de toute la technologie actuelle pour être des plus confortables pour ses utilisatrices, sans pour autant utiliser du plastique dans sa composition.

Voici d’ailleurs quelques-uns des avantages de l’utilisation des serviettes hygiéniques lavables :

  • Elles sont écologiques, réalisées uniquement avec des matériaux naturels (coton bio, fibre de bambou, etc.) ;
  • Leur composition est très claire, et elles ne contiennent pas de substances toxiques néfastes pour la santé ;
  • Les serviettes lavables constituent un investissement durable par rapport aux modèles jetables ;
  • Vous pouvez les utiliser jusqu’à 12 heures d’affilées sans risque de fuite ni sensation d’inconfort ;
  • Les serviettes hygiéniques réutilisables n’offrent pas de sensation d’humidité ;
  • Plusieurs marques bios comme Intimya en proposent désormais, la rendant plus accessibles que jamais !
  • Elles sont disponibles en différents coloris (blanche, colorée, à motifs, etc.) et tailles (S, M, L, XL, suivant l’abondance du flux menstruel).
  • Elles sont faciles à entretenir, contrairement aux préjugés !

Voici aussi des avantages des coupes menstruelles, nées dans les années 30 et devenues la star du moment depuis sa réapparition en 2010 :

  • Elles remplacent parfaitement bien les tampons jetables ;
  • Elles sont aussi écologiques, car réutilisables avec une durée de vie de près de neuf ans ;
  • Elles sont réalisées en silicone et ne contiennent donc pas de produits toxiques ;
  • Elles sont confortables, parfaites pour les sportives et ne risquent pas de fuiter en épousant la forme du vagin ;
  • Elles sont faciles à utiliser : il suffit de vider et de nettoyer avant de la remettre en place dans le vagin.

Quand les culottes se transforment en protections périodiques

Toujours avec cette tendance éco-responsable est né un autre produit aussi pratique que discret : la culotte de règles. Appelée également culotte menstruelle ou culotte pour les règles, ce sous-vêtement a révolutionné les règles en proposant une protection intégrée à même la culotte.

Malgré ce fait, elle n’est pas aussi épaisse qu’elle n’en a l’air, car vous avez l’impression de porter une culotte classique. Dès lors, vous oubliez vos règles sans pour autant avoir le risque de fuites ou de sensations d’humidité, car c’est une culotte respirante.

D’ailleurs, elle la culotte périodique peut se porter jusqu’à 12 heures d’affilées (sauf si vous avez un flux vraiment très abondant). Grâce à ses matériaux respectueux de votre corps (fibre de bambou, coton bio, soie artificielle), elle n’irrite pas la peau et ne démange pas.

Après quoi, l’entretien s’avère très simple : elle nécessite un rinçage avant d’être passé à la machine à laver à 30°C. Puis, vous la laissez sécher à l’air libre (pas de problème d’indiscrétion, les gens penseront que c’est une culotte ordinaire).

Tout comme la culotte classique, elle se décline aussi en différentes tailles et styles : avec de la dentelle, transparente, etc. De quoi rester très féminine même durant les règles ! Autant vous dire que si elle avait déjà existé du temps de nos ancêtres, la culotte pour règles aurait certainement eu le même succès qu’elle possède actuellement… Peut-être même plus.

Conclusion :

Les protections hygiéniques jetables ont encore une longue vie devant elles. Même si beaucoup de gens et d’organismes tirent la sonnette d’alarme, le marché semble pour l’instant imperturbable.

Mais, la tendance au zéro déchet prend le dessus petit à petit, notamment avec l’apparition des protections périodiques lavables. Désormais, plusieurs alternatives s’offrent aux femmes : des serviettes hygiéniques, des culottes menstruelles, des tampons, des protège-slips, des coupes menstruelles, des éponges menstruelles…

Mais quitte à choisir entre un modèle jetable, coûteux, toxique et un produit écologique, accessible, inoffensif pour le corps, le choix est vite fait ! N’est-ce pas ?